de Jeremie » Ven 10 Avr 2009, 21:47:35
[HRP] Omg tu m'épates sur ce coup là ratdo. Je suis si prévisible que ça ? :'(
Sans rire, c'était évident. Un passage par un donjon dans un rp passe obligatoirement par la rencontre avec un boss. Mais de là à faire le rapprochement avec Pironne... Où alors t'étais au courant, et là c'est nettement moins glorieux.
Levy est bien un écrivain ;) [/HRP]
Jeudi
Quinzième jour du deuxième mois de l'an 1008
Temple de Freyja (sous-sol)
Voilà maintenant six jours que nous errons dans ce temple. Je ne comprends toujours pas pourquoi personne n'est venu nous chercher. Nous nous sommes complètement perdus. Léonore est désemparée. Nous n'avons même pas retrouvé l'entrée du sous-sol par laquelle nous sommes pourtant arrivés ! J'ai l'intime conviction que ce temple, sous des faux airs de lieu saint, est en réalité démoniaque. Nous avons fait des marques sur les murs pour se repérer... Les traces disparaissent au fur et à mesure ! C'est à n'y rien comprendre ! Je crois que je deviens fou. Léonore aussi.
Les seules créatures vivantes que nous ayons rencontré jusque là sont des « dremlins », sortes de créatures maléfiques aux dents acérées et aux griffes tout aussi aiguisées, ainsi que des yeux velus avec des ailes de chauve souris. Cet endroit est maudit.
Chaque jour nous voyons la lumière du soleil filtrer à travers les bouches d'aération du plafond mais leur inaccessibilité accentue notre désespoir.
Nous nous sommes égosillés en vain pendant des heures, cherchant une présence humaine réconfortante.
Néanmoins, nous ne mourrons pas de faim pour autant. Les yeux rapportent des fruits de l'extérieur et des fontaines d'eau potable permettent aussi une toilette quotidienne. Le seul point négatif est: la solitude.
Si je décide de reprendre mon récit six jours plus tard, c'est pour annoncer que nous avons enfin découvert des traces de vie humaines. En effet, jusqu'à maintenant nous n'avions jamais retrouvé de traces de notre passage dans les couloirs du temple mais aujourd'hui nous avons découvert des petits chaussons. J'ai déjà vu ces chaussons. Ce sont les chaussons que portent les disciples du temple de Freyja pour aller prier. Enfin une trace humaine ! Je communique l'information à Léonore qui s'enthousiasme autant que moi: notre calvaire est enfin terminé !
Des traces de pieds noircis marquent la moquette. Nous décidons de suivre ces traces dans l'espoir qu'elles nous conduisent à l'air libre. Je commençais à désespérer de ne plus jamais sentir la caresse du vent sur ma peau !
Les traces de pas rejoignent d'autres traces de pas. Comme si un groupe de personnes aux pieds sales avaient marché dans une même direction. Peut être vers la sortie?
Nous courrons maintenant. L'enthousiasme est tel que la fatigue de la semaine s'évanouit d'un seul coup. Je me sens pousser des ailes.
Les traces de pas s'arrêtent brutalement. Dépités, nous regardons aux alentours pour voir si elles ne continuent pas plus loin. Je m'interroge. Comment des traces de pas peuvent s'arrêter si brutalement? Leurs propriétaires auraient-ils remis leurs chaussons? Se seraient t-ils volatilisés? Comment? Pourquoi?
Léonore me tire par la manche. Je me tourne vers elle. Son visage est animé par la peur et la fatigue. Je suis aussi désolé qu'elle. Notre espoir de sortie vient de s'arrêter net en même temps que les traces devant nous.
Une brise fraîche vient me caresser la joue. Du vent? Ici? Comment est-ce possible? Je n'en ai pas ressenti une once pendant notre errance ! Pourquoi maintenant?
Le vent agite un petit rideau sur le mur à notre gauche. Une porte semble se dessiner derrière. L'enthousiasme rejaillit en moi soudain. La voilà notre porte de sortie ! La voilà notre chance ! Si il y a du vent, c'est qu'il doit y avoir un courant d'air ! Cette entrée donne forcément sur la sortie !
Je me rue dans le chemin qui s'offre à moi. En fait, je suis sur une passerelle métallique, comme à Yuno. Léonore s'arrête brutalement.
- Tiens? Tu ne ressens pas comme un bourdonnement?
Effectivement. Presque imperceptible, un bourdonnement de machine se fait entendre. Je regarde autour de nous. Nous sommes sur une passerelle métallique. En bas coule de l'eau. Une eau plus foncée que celle des fontaines cependant. Qui y a t-il dans cette eau?
Devant nous, un autre couloir métallique se profile. Le bourdonnement semble venir de là mais je n'en suis pas certain. Les battements de mon cœur résonnent dans ma tête tellement je suis excité à l'idée de sortir d'ici.
Nous continuons ainsi de passerelles en passerelles pour finalement déboucher sur un grand espace dégagé. Là, des centaines de tuyaux enchevêtrés plongent et replongent dans l'eau, disparaissant dans les murs ou dans une machine que je ne connais que trop bien: une partie du cœur d'Ymir.
Une partie du cœur d'Ymir ! La légende disait vrai ! Elle existe réellement ! La vision de cette machinerie me rassure bizarrement. Pourquoi? Je ne saurais le dire. Toujours est-il qu'une sensation de bien être m'envahit en la regardant.
Léonore me tire de ma contemplation par une phrase lourde de sens:
- C'est un cul de sac...
Le poids de notre errance me retombe dessus comme une mauvaise grippe. Quelle malchance ! Sommes nous condamnés à mourir ici? Que va t-il nous arriver?
Léonore, qui décidément à l'ouïe beaucoup plus fine que moi, me tire derrière les tuyaux.
- Quelqu'un approche !
Hein? Mais pourquoi se cacher? C'est magnifique au contraire ! Nous sommes sauvés !
Léonore me plaque sa main sur ma bouche pour me faire taire. Elle a l'air terrorisée. Il n'y a vraiment pas de quoi ! Pourquoi se cacher alors que voilà notre chance de salut?
Un homme entre dans la pièce, bientôt suivi d'une femme en toge. A leur air officieux, j'en déduit que ce sont des grands prêtre du temple de Freyja. J'ai un mouvement vers eux mais Léonore me serre contre elle d'une poigne de fer. La femme parle soudain:
Et voilà mon père. Toutes les modifications ont été apportées, comme convenu. Nous avons pris du retard mais le rituel pourra être prêt à temps.
Homme: Parfait Niren. Je te félicite pour ton travail.
L'homme amorce un mouvement comme s'il partait.
Femme: Père Pirone...
Je pousse un cri. Le père Pirone ! Cet homme est celui que je cherche depuis tant de mois ! Lui pourrait m'expliquer pourquoi le père supérieur m'a mis à la porte de l'église !
Le père Pirone s'arrête net dans son geste. Niren aussi (j'ai l'impression d'avoir entendu ce nom là quelque part...).
Père Pirone: Il y a quelqu'un? Niren?
Niren: Je ne vois r... Ho attendez ! Il y a un homme et une femme cachés derrière les tuyaux !
Je me lève d'un bond.
- Père Pirone, attendez ! Je suis Jérémie, un prêtre de l'église de Prontera ! C'est le père Supérieur qui m'envoie !
Le père Pirone me considère un moment puis tourne les talons en disant:
- Niren, tu sais ce qu'il te reste à faire...
Léonore se redresse aussi alors que le père Pirone disparaît dans le couloir. Je me rue à sa poursuite mais Niren s'interpose entre lui et moi. A ma grande surprise, elle chantonne.
J'essaye de la pousser mais je sens peu à peu mes forces m'abandonner au fur et à mesure que le chant de Niren gagne en intensité. Je sombre dans l'inconscience. Ma dernière pensée est que Léonore avait bel et bien raison: il fallait se méfier !
Je me réveille doucement sur un tapis. J'ai dormi comme un loir. Combien de temps? Je ne serais le dire... Toujours est-il que le soleil commence à décliner dans le ciel. Nous devons être en fin d'après midi.
Bien sûr, nous sommes toujours enfermés dans le temple.
A côté de moi, Léonore émerge peu à peu elle aussi. Si seulement je l'avais écoutée ! Je n'en serais pas arrivé là !
Mais d'un autre côté, Dieu sait quand nous serions sortis de ce temple.
Toujours est-il que nous y sommes toujours. Et dans une pièce close encore. Aucune porte, aucun couloir. Juste une fontaine et un balcon cinq mètres plus haut, donnant sur une terrasse. J'entends alors des bruits de pas venant de la terrasse. Finalement, le père Pirone apparaît.
- Bonjour mes jeunes amis. Excusez moi pour le manque de confort mais je traite souvent les intrus comme ça.
Vif comme l'éclair, je lance:
- Mon père ! Où sommes nous ? Pourquoi nous séquestrer ainsi ? Pourquoi le père Supérieur m'a t-il renvoyé de l'église de Prontera ?
Le père Pirone a un rire doucereux.
Pirone: Oui... Je vois... Tu es bien le prêtre qui a été renvoyé de Prontera... Eh bien sache que tout ceci avait un but: t'amener à rencontrer la Chronos.
Un « Ho non » se forme dans mon esprit. Pas lui... Pas le Père Pirone ! D'abord le père Supérieur et maintenant le père Pirone? Mais jusqu'où s'étendent les limites de cette organisation?
Léonore: Mais... Qu'est ce exactement que la Chronos?
Pirone: Une petite idiote de votre espèce ne comprendrais pas toute l'importance de cette glorieuse entreprise. Sachez que nous sommes juste sur le point de changer la face du monde ! Si le prêtre se retrouve ici aujourd'hui c'est parce qu'il en a été décidé ainsi ! Ho, pas par la volonté divine, rassurez vous car Dieu n'existe pas, mais par la volonté de notre guide ! Moi même je ne suis qu'un simple pion sur l'échiquier de cette page de l'histoire que nous sommes en train d'écrire. Néanmoins, j'ai reçu un ordre d'importance: tuer le prêtre. Son existence est une entrave au plans de notre cheftaine.
Trop abasourdi par les dire du père Pirone je reste planté comme une statue. Finalement, les seuls mots que j'arrive à articuler sont:
Jérémie: Neela?
Le père Pirone explose alors et saute dans la pièce en hurlant:
- Ne l'appelle pas par son nom, pauvre fou ! Ta bouche impie ne mérite même pas l'honneur de prononcer son nom !
Je commence à suer. L'insolence ne me réussit guère il faut croire. Le père Pirone est comme fou. Ses yeux sont injectés de sang et de la bave apparaît aux commissures de ses lèvres. J'ai un mouvement de recul. Léonore se met entre lui et moi.
- Assez ! Je n'écouterais plus une seconde de plus les élucubrations d'un vieux fou ! Je vais vous tuer séant !
Pirone: Me tuer moi? Je vous trouve bien orgueilleuse pour vous dresser ainsi devant moi ! Sachez que je ne crains ni rien ni personne !
Mes yeux me piquent. Moi qui croyait trouver un allié, voilà que je me retrouve en face d'un ennemi de plus. Des larmes apparaissent dans mes yeux et coulent sur mes joues.
- C'est impossible...
Pirone: Quoi donc? Qu'est ce qui est impossible?
Jérémie: Vous ! Vous êtes un homme d'église non? Comment avez vous pu renier ainsi votre seigneur et maître? Pourquoi?
Pirone: Il faut croire que la Chronos a su me convaincre mieux que des décennies passées à prier une idole qui restait sourde à nos supplications. Il faut croire que j'ai trouvé ma vraie voie.
Léonore: Ce discours est celui d'un forcené, je vais en finir maintenant !
Dans un cri, elle se jette sur le père Pirone. Je pousse un cri de surprise mais déjà le père Pirone envoie valser ma pauvre amie à l'autre bout de la pièce d'un simple coup de poing.
Pirone: Ne vous fiez pas aux apparences, je ne suis pas aussi défraîchi que j'en ai l'air. Voyez ma puissance ! Je pourrais anéantir dix hommes en une seule de mes attaques !
C'est alors que le père Pirone commence à se transformer. Son crâne s'allonge, ses bras deviennent démesurés, il grandit, sa peau blanchit, il devient carrément monstrueux, imposant et terrifiant. Le père Pirone n'existe plus. Devant nous se tient une chose blanchâtre sans bouche, nous fixant de ses petits yeux jaunes, parée à nous tuer.
Léonore se relève. Mon cri de victoire s'étouffe dans ma gorge au moment ou le monstre allonge une de ses griffes pour transpercer son épaule.
Le monstre se tourne alors vers moi et dans un grondement me lance:
- Vous ne pouvez rien contre moi. Je suis invincible.
Ce n'est pas moi qui irais le contredire. Je suis écrasé par l'aura meurtrière de mon adversaire qui tranquillement s'avance vers moi. J'ai l'impression de revivre la scène où, quelques mois auparavant, je combattais Detale dans sa cave. Mais ici, pas question de s'enfuir, aucune issue possible. Je marmonne toutes les prières de protection que je connaît avant de me jeter dans le bassin dans une tentative désespérée d'échapper à mon assaillant. Mais vif comme l'éclair, celui-ci me donne une claque de sa main puissante avant que je ne touche l'eau. Je suis projeté contre le mur.
Léonore enchaîne coup sur coup contre le monstre. Je la soutiens de toutes mes forces mais nos forces combinées ne semblent rien faire à notre adversaire. Finalement; Léonore passe sous la garde du monstre et réussi à lui entailler la jambe. Le monstre pousse un grondement sourd puis:
- Parfait. Je vois que vous savez à peu près vous battre. Alors en tant qu'adversaires dignes de ce nom, nous allons nous amuser un peu. Je vais vous dire une chose amusante. Les coups d'épées ne me font rien.
Effectivement, je regarde avec horreur la plaie se refermer sans une cicatrice.
- J'ai cependant un point faible. Mes yeux ne sont pas insensibles. Si vous réussissez à les toucher tous les deux, alors je vous laisserais la vie sauve, convaincu que vos convictions sont meilleures que les miennes. Mais si jamais il s'avère que c'est vous qui avez tort, je vous tuerais comme des insectes ayant osés s'attaquer à une proie beaucoup trop grosse pour vous.
Jérémie: Vous voulez rire? Tout à l'heure vous avez dit que votre mission était de me tuer ! Que vos convictions étaient inébranlables ! Comment pouvons nous vous croire?
Monstre: Ce n'est pas faux. J'ai effectivement la mission de t'éliminer. Mais te tuer maintenant me gâcherais tout le plaisir. Je veux te voir m'échapper, te battre de toutes tes forces, survivre tant bien que mal. Si jamais vous réussissez à me toucher les yeux, je vous laisserais fuir. D'ici à notre prochaine rencontre, vous pourrez vous entraîner, vous reposer, dans l'angoisse d'un autre combat contre moi. Allez, en garde vermisseaux !
C'est bien ce que je pensais. Il n'a jamais eu l'intention de nous laisser vivre. Selon lui nous ne sommes que des morts en sursis, et encore, il faudrait pouvoir le battre pour dire ça !
Léonore fait craquer ses doigts et serre le pommeau de son épée. Je marmonne des prières de défense pour nous deux.
Et c'est le choc.
Léonore se jette violemment sur le monstre qui lance son bras en avant pour l'attraper mais celle ci exécute une pirouette et se retrouve sur le bras volumineux de son ennemi. Le monstre rétracte son membre mais Léonore a déjà atteint la tête et lance son épée dans l'œil droit de notre adversaire. L'œil crève et un flot de sang mauve jaillit du trou créé par l'attaque de Léonore. Elle se jette du haut du corps massif avant que la main du monstre ne l'attrape et se réceptionne tant bien que mal, un peu écrasée par le poids de son armure.
Le monstre attrape l'épée fichée dans son œil et la broie de ses mains puissantes. Léonore est désarmée. Elle n'a plus que son bouclier désormais. Je regarde les débris de l'épée pour voir si l'un d'entre eux serait susceptible de servir de projectile contre le monstre mais celui ci les réduit en miettes.
- Belle attaque. Je ne pensait pas que vous mettriez à profit mes conseils aussi vite. Mais ne croyez pas que tout va être aussi facile. Considérez que vous en avez touché un sur deux.
La peau se referme autour du trou formé par Léonore. Bientôt, une fine membrane protège l'orifice. Le monstre est cependant amputé de son œil droit.
Le monstre fait alors apparaître deux énormes boules de feu dans ses mains. J'ai aussitôt le réflexe de pousser ma coéquipière dans l'eau du bassin alors que les projectiles s'écrasent devant moi dans une explosion de chaleur. Je suis soufflé et me réceptionne difficilement sur les tapis. Léonore sort de l'eau. Elle quitte son armure qui a pris l'eau. Je n'avais pas pensé à ça: mouillée, son armure va beaucoup moins remplir son rôle maintenant ! Je me mords le poing. Je m'en veux.
Le monstre m'attrape dans sa main gigantesque et entreprends de me broyer les os un par un. Léonore fonce sur le monstre mais celui ci l'attrape et l'enserre dans sa deuxième main.
- Et voilà. Quelle fin pathétique pour deux combattants comme vous. Vous avez réussi à me crever un œil et je vous en félicite. Néanmoins l'aventure épique s'arrête ici.
- Kyrie Eleison !
La barrière de protection divine entour Léonore comme une champ de force. Aussi forte que soit la pression de la main du monstre sur le corps de mon amie, la main s'ouvre, repoussée par la barrière. Léonore s'échappe. Le monstre allonge son bras et détruit le balcon. Il récupère une pierre et la lance en direction de ma coéquipière. Je pousse un cri mais une pression de sa main me fait taire.
Léonore évite le rocher et récupère son bouclier. Elle fonce alors sur notre assaillant, bouclier en avant.
Je lance moi aussi une prière de protection qui me libère de l'étau du monstre. Après un grognement de surprise, il transforme ses mains en espèce de lance. J'ai l'intime conviction qu'il a décidé d'en finir avec nous. Il bondit et envoie ses bras en avant. Le réflexe agit de lui même: un mur rosâtre de protection s'élève entre les lances et moi. Le premier assaut est d'une violence inouïe. Le coup explose le mur de protection. Néanmoins, l'attaque est déviée. Avant d'élever une autre barrière, la deuxième lance est sur moi. La deuxième lance est en moi.
Traversé de part en part. Je prends conscience de ce qui m'arrive qu'après avoir ressenti une douleur aigüe. Je crache du sang. La lance est tellement grosse qu'elle a dû me toucher le poumon, le cœur et d'autres organes vitaux.
Le monstre retire sa lance. Un trou béant déforme ma poitrine. Trop abruti, je reste un moment debout avant de tomber à la renverse. Ma vue se brouille. Le froid m'envahit. J'entends faiblement Léonore crier quelque chose avant le noir total.
Rachel (camp de Gust)
- Regardez ma sœur ! Il se réveille enfin !
- Oui. Il était temps. J'ai bien cru qu'il allait y passer !
- Sans vous ma sœur, il y serait encore.
J'entends des voix mais tout est noir autour de moi. Je ne me souviens que du monstre. Le monstre ! M'a t-il tué? Et qu'est devenue Léonore? J'ai un mouvement pour me relever mais une douleur lancinante me traverse la poitrine.
- Hé ! Doucement ! Certes, sœur Niren t'as ressuscité mais tu es encore très faible !
Ressuscité... Ainsi je suis bien mort. Je me maudis intérieurement. Je n'avais pas l'ombre d'une chance. Mais qu'est t-il arrivé à Léonore? Et Niren? NIREN !
Jérémie: NIREN !
Léon: Ma sœur, il vous appelle. Ma sœur? Ha, elle est partie mon vieux. Tu veux que j'allume la lumière? Il fait noir dans cette foutue tente.
Léon allume une lampe à huile qui diffuse une douce lumière dans la tente. J'en déduit que nous sommes au campement de Gust. Par les interstices de la tente, j'aperçois la lueur du soir. Il s'est donc écoulé très peu de temps...
Jérémie: Léonore?
Léon: Elle va bien. Elle dort à l'infirmerie.
Jérémie: Mais... Comment?
Léon: Hé mon vieux, ça faisait une semaine qu'on ne vous avait pas vu ! Nous avons cherché dans chaque recoin de la ville, à l'exception du temple, considéré comme un lieu sacré. Puis, nous avons entendu des bruits venant des bouches d'aération du temple. Un chevalier a reconnu la voix de Léonore et nous sommes arrivés ce soir dans les bas fond du temple. Là, nous avons trouvé sœur Niren qui nous as guidé jusqu'à vous. Nous vous avons trouvé dans un sale état. Tu gisait dans une mare de sang et Léonore était blessée à l'épaule et aux jambes. Malgré tout, elle tenait encore debout et tenait dans ses mains une pierre tachée de couleur mauve.
Jérémie: Il n'y avait pas... De monstre?
Léon: Bah non. On vous as juste trouvés seuls dans cette salle vide. Gust a cru que sous l'emprise de la folie vous vous étiez entre tués. Il faudra aller le voir. Ce soir si possible. Nous partons demain.
Jérémie: Demain? Mais Léonore?
Léon: Elle viendra avec nous bien sûr. Ses blessures sont graves mais pas mortelles. Elle est entre de bonnes mains. Dans une ou deux heures elle sera totalement rétablie. Regarde toi: tu étais mort et pourtant sœur Niren t'a ressuscité !
Je serre les poings. Pas de trace de monstre, évidemment. Et cette Niren... Était-elle avec nous ou contre nous? Pourquoi nous jeter dans les bras de l'ennemi pour nous sauver ensuite? Et le pape? Savait-elle ce qui se tramait dans les bas-fonds du temple? Et puis ce départ précipité... Une semaine passée dans ce temple m'a fait perdre toute notion du temps. Je ne peux pas les accompagner, je ne serais qu'un boulet. Je vais plutôt suivre les conseils du pape: me cacher dans la cave de glace au nord de Rachel. Là je serais à l'abri des monstres et des assassins.
Tente de Gust
- Mets toi à l'aise. Tu reviens de loin. J'aimerais que tu m'explique ce qu'il s'est passé pendant cette semaine.
Gust m'a fait mander dans sa tente. Sans plus attendre, je lui révèle tout notre périple dans le temple: les monstres, la partie du cœur d'Ymir, Niren et le père Pirone, le combat.
Il m'écoute attentivement puis:
- Un monstre dis-tu? Ce... père Pirone se serait changé en monstre? Quel genre de monstre?
Jérémie: Un monstre blanc, grands, aux yeux jaunes, sans os apparemment parce qu'il pouvait allonger ses membres comme il voulait. Vous en avez entendu parler?
Gust: Non. Mais j'ai un signalement. Je vais envoyer un messager parler au pape de ce que tu m'as raconté. Je te mettrais au courant.
Jérémie: Et heu... concernant le départ demain?
Gust: Nous partons pour le mont Thor en effet. Mais je pense qu'il serait préférable que tu reste à l'abri.
Jérémie: Ne vous en faites pas pour moi, je sais où aller. Mais Léonore?
Gust: Elle viendra avec nous.
Jérémie: Elle est blessée ! Elle ne survivra pas longtemps face à des salamandres de feu !
Gust: Elle vivra, tu as ma parole. Maintenant tu peux disposer.
La discussion est close. Je quitte la tente la mine sombre. Demain, je me retrouverais seul. Quelle étrange sensation... Comme si j'avais oublié ce que « seul » voulait dire.
Je passe par l'infirmerie. Léonore dort dans un lit, rayonnante de santé. Les médecins ont bien fait leur travail.
Je retourne à ma tente. Des ronflements sonores m'informent que Léon vient de se coucher.
Après avoir avalé un repas reconstituant et marmonné une prière, je me couche, non sans garder une dague sous mon oreiller. Protection dérisoire contre le monstre Pirone mais c'est fou ce qu'avoir une arme sous la main peut vous mettre en confiance.