de Jeremie » Sam 10 Déc 2011, 20:31:08
[HRP] Nouveau chapitre que je viens de rédiger à l'instant. Soyez pas dur, reprendre après trois ans, il se peut que quelques éléments soient pas raccord [/HRP]
Jeudi
Treizième jour du troisième moi de l’an 1008
???
Un bruit sourd d’explosion me réveille en sursaut. Hagard, j’enlève les couvertures trempées de sueur qui me recouvrent. La chaleur est encore montée d’un cran depuis hier et ma chambre est une véritable étuve.
Un deuxième coup, plus violent, fait trembler les parois de la pièce. Que se passe t-il dehors ? Je décide de jeter un coup d’œil prudent en dehors de ma chambre. Ma porte n’est pas fermée, ni même gardée. Je me rhabille à la hâte et sort de ma prison.
Couloir
Je suis dans un couloir très sombre que quelques rares lumières éclairent. L’endroit est glauque et particulièrement oppressant. En dehors de ça, je ne rencontre personne. Pas un garde, rien. Le silence n’est troublé que par le bruit de mes pas et les coups sourds de plus en plus répétés.
Au détour d’un carrefour, j’aperçois un corridor illuminé. Mon cœur s’emballe. Comme un reflexe immunitaire tardif, j’élève quelques protections divines, au cas où.
Une ombre passe furtivement devant moi, suivie bientôt par toute une cohorte de gardes en armure. Je reste pétrifié quand un haut-parleur accroché au mur lâche soudain une flopée d’ordres. Ma frayeur passée, je reconnais la voix de Neela.
- Dépêchez-vous ! Ils ont percé une brèche dans le mur nord ! Envoyez les dernières armures sur les lieux !
Ils ? Armures ? Je ne comprends pas la moitié de ce qu’elle raconte. J’attends que le régiment passe pour me faufiler dans le couloir inondé de lumière. Je fuis dans la direction opposée. La voix reprend :
- Le prêtre ! Le prêtre s’est échappé ! Tuez-le ! Tirez à vue ! Eliminez-moi ce fichu prêtre !!
Je me réfugie dans un recoin sombre, le cœur battant la chamade. Elle s’est aperçue de ma fuite. Elle veut me tuer. Mais pourquoi ? Ne disait-elle pas hier encore que je servais ses intérêts ? Je ne comprends plus rien…
J’étouffe un cri quand je sens une main s’abattre sur mon épaule. Je me retourne violemment. Devant moi se tient l’homme vu à mon réveil hier.
- Vous !
Il sourit.
- Oui, moi. Ne craignez rien, je ne vous veux aucun mal. Neela a cédé à la panique, elle est devenue incontrôlable.
Jérémie : Je… Vous… Vous n’êtes pas ensemble ?
Homme : Nous l’étions. Mais nous sommes peu à vouloir que vous vivez, Jérémie. Toute la Chronos s’est rallié à la cause de Neela. Aujourd’hui, alors que les armées de Guts nous assiègent, je pense qu’il vaut mieux vous renvoyer parmi les vôtres. Notre propre défense ne tiendra pas longtemps.
Comme pour confirmer ses dires, un coup d’une violence inouïe ébranle tout le couloir sur ses fondations. Le plafond se fissure. L’homme regarde à droite et à gauche puis me tend la main :
- Suivez-moi.
Sans réfléchir, je prends cette main tendue, non sans vérifier que mes protections sont toujours en place.
Base de la Chronos
Je suis l’homme devant moi dans un dédale de couloirs. Les coups se font de plus en plus forts à mesure que nous avançons. Je sens la poussière du plafond me rentrer dans la gorge. Je tousse alors que la voix de Neela continue de vociférer des ordres. Nous croisons des soldats, mais tout le monde est trop occupé pour faire attention à nous. Alors que nous montons une volée de marches, je demande à l’homme :
- Pourquoi ne croisons nous pas des personnages comme Krafft ?
Homme : Ils doivent déjà être en première ligne, ou en mission dans le monde entier. Tu sais, la Chronos n’a pas de base propre. Ici, nous sommes dans un simple poste.
Nous débouchons sur un balcon en extérieur. Ma première réaction est de déboutonner ma tunique : il fait une chaleur infernale ici ! De notre position surélevée je vois le champ de bataille.
Car il s’agit d’un champ de bataille. La base de la Chronos est construite dans le cratère éteint d’un volcan. Au dessus de nos têtes, par delà le trou du volcan, je vois le ciel rosâtre d’une pâle fin d’après midi. Tout autour de nous, c’est la guerre.
Vomis d’un trou béant percé dans la roche, les armées de Guts se déversent sur les maigres défenses de la Chronos. Les mages balaient le périmètre, couverts par les archers. Les croisés et les soldats tranchent dans les lignes comme dans du beurre. Une poussé euphorique m’emporte : je suis sauvé.
L’homme à mes côtés ne partage pas ce point de vue.
- Bizarre, à l’heure qu’il est, ils devraient avoir renversé les hommes de Neela… Qu’est-ce qui les retient ?
Un bruit fracassant de métal rouillé répond à sa question. Sortant d’un hangar, quatre armures gigantesques s’avancent d’un pas lourd vers les armées de Guts, qui amorcent un mouvement de repli. Les armures de la tour de Thanatos ! Neela en avait donc à son service ? Les armures résistent à tout et détruisent tout. L’armée de Guts est enfoncée, c’est un carnage. Je vois un homme sortir de la marée humaine et camper sa position. L’homme manie son énorme épée avec une aisance étonnante. C’est Guts.
Rapide comme l’éclair, Guts se faufile entre les jambes d’une des armures et tranche net un de ses pieds. Déséquilibré, le titan vacille et s’effondre dans un vacarme assourdissant. Ses trois acolytes ont un mouvement de recul, impressionnés. Guts en profite alors pour sauter sur le dos d’un géant et lui trancher la tête. Je suis soufflé.
Cette fois, les armures ne reculent pas et lancent l’assaut sur l’homme à bout de souffle. Je vois deux épées monstrueuses transpercer l’armure du capitaine. Guts reste fiché au bout des lames.
- NON !!
Je lâche un cri perçant qui fait sursauter l’homme à côté de moi. Sans réfléchir, j’enjambe la barrière pour aller secourir Guts. L’homme m’agrippe l’épaule et me tire en arrière avec une force que je ne lui soupçonnais pas.
- Arrête, tu ne peux plus rien pour lui.
Il me traîne vers une plate-forme d’embarquement de dirigeable, et me jette sur le pont.
- Tu dois VIVRE ! Quitte cet enfer, retourne vers les tiens !
Léonaure déboule alors sur la plate-forme.
- Jérémie ? C’est toi ?
A la vue de l’homme devant moi, elle pousse un rugissement de rage. L’épée en avant, elle fonce sur l’homme qui esquive l’assaut avec une facilité déconcertante. Léonaure s’étale par terre à mes côtés.
L’homme active un levier de mise en marche. Les moteurs ronronnent et l’engin se met en branle.
- Non !
Je me relève et fonce vers le bastingage. L’homme me retient d’un bras alors que le dirigeable prend de la hauteur.
Homme : Les vents vous porteront vers Veins, la ville la plus proche. De mon côté, je vais essayer de retrouver Neela.
En marmonnant un sort, il disparaît devant mes yeux. Un gémissement de douleur me sort de ma stupeur.
- Léonaure !
- Désolée. J’aurai aimé t’aider un peu plus. Je suis vraiment…
Je l’embrasse. D’abord surprise, elle se laisse aller. Nous échangeons un long baiser langoureux. En desserant notre étreinte, je lui susurre un « Je t’aime aussi » à l’oreille.
Veins
Le soir est tombé sur la ville des sables. Léonaure et moi traversons les ruelles de la cité endormie. Nous trouvons une petite auberge où une chambre nous est accordée pour une somme modique et très peu de questions.
Dans la chambre, pendant que Léonaure se lave dans la salle de bain, je repense aux évènements de la journée. Les plans de Neela ont échoué. La Chronos a échoué. Je suis vivant et libre. Plus personne ne peut m’atteindre. Plus personne ?
Je songe à l’homme qui m’a fait sortir du volcan contre mon gré. Il sait où je suis, avec qui je suis. Devrais-je abandonner Léonaure comme je l’ai fait à Lightalzen ? Je ne sais pas. Je ne sais plus quoi faire…
Léonaure sort de la salle de bain. Nue. Je retiens mon souffle. Elle éteint la lumière et me rejoint sur le lit.