Bon alors voici quelques poèmes de mon recueil, ceux qui sont largement inspirés par des évènements de Ragnarök que j'ai vécu dans ma trépidante vie virtuelle xD !
Le premier, vous le verrez, raconte mon combat victorieux contre Maya du temps où j'étais encore un Sorcier ; le second traite d'une rencontre clé que j'ai fait à Morroc ; et le dernier est une scène entre Tinumiriel le Ménestrel et Pand0re (une danseuse) sur les rivages crépusculaire de Comodo.
J'vous remercie de bien vouloir ne pas les copier ou autre, vous souhaite, je l'espère, une agréable lecture, et accepte volontiers vos avis.
Si cela vous plaît, vous pouvez toujours me demander de poster d'autres poèmes (en vers ou en prose) dans le Offtopic.
Je m'excuse par ailleurs si certaines images choquent la sensibilité des plus jeunes. :D
Bien à vous, haut les coeurs !
[center]Fourmilière[/center]
Le Feu sur la Terre brûle dans le ciel désertique
Quand je marche décidé sur les brasiers sablés.
Je vois sous les dunes un gouffre couvert de piques,
Et sombre résolu dans l’abîme enterré.
L’Air est frais ici-bas, et parcoure ces tunnels
Où je cherche en grondant mon ennemie mortelle ;
Des légions à six pattes tremblent en reculant
Devant moi et l’aura de colère émanant
De mes mains élevées éclairant la basse voûte,
Dégoûtante, où dégouttent des gouttes de miels
Que je goûte alors, pour le plaisir du ciel.
Et me ressaisissant, je prépare notre joute.
Te voici ô ma chère ! talonnée par tes fils
Qui gémissent en silence dans tes ombres furtives,
Ces larves odieuses qui dans un doux sacrifice
Se jettent sur ma chair dans l’espoir que tu vives.
Mais ils tombent par moi et je peux voir alors
Tes bras qui s’élèvent et tes lames au-dehors.
Pas de tombe pour moi, je serais assez fort,
Ici-bas je vivrai, marcherai sur ton corps !
Des nuages flambent dans les sombres galeries,
Ouvrage de l’ambre où je lutte pour ma vie.
Tu succombes et tu tombes à la fin du défi,
Sous mes feux, sous mes foudres et mes neiges embrasées.
Je contemple en ce temple cette danse effrénée,
Où l’hideux abdomen qui t’a emprisonné,
Sur le sol piétiné défaille puis s’écroule
Dans cet antre d’araignée où tu as régné.
Une armée de fourmis orphelines surgit
Et gravit en une vague le rocher où tu gis.
Moi j’admire éperdu ce terrible spectacle :
Le millier de mandibules qui fondent, qui raclent
L’ossature décharnée de l’immonde carcasse.
Dégoûté et perdu je détourne le regard,
Et maudis en secret cette écœurante masse ;
Retourné je me lève, bénis mon cœur et pars
Pour suivre ma route sous la voûte de parfum.
Je sens après moi leur envie de me mordre,
Et regarde fuyant ces fantassins sans ordre,
Poursuivre l’assassin de la reine de l’essaim.
L’atmosphère oppressante, sèche, et ces sombres sbires
Qui susurrent toujours sous ces ombres soupirent.
Un appel soudain, mes pensées qui me chantent,
Et je sens en un souffle mon sang qui s’enchante.
Jamais je ne reçus châtiment tel le votre,
De mes doigts je parcoure les lambeaux de mes plaies.
La vie s’écoule des côtes, plie un genou puis l’autre
Et je vois le trépas de cette fin qui me plaît.
Car après la douleur, et après la mort,
Mon âme, sur les prés du paradis dort.
De la gelée royale sur mes flancs se dore
Et mes miasmes en suspens dans ces ténèbres odorent.
Aearonêl, Eté 2007
[center]
Une étoile brille sur l’heure de notre rencontre[/center]
Sous les douces caresses d’un chaud vent d’été,
Je repose mon âme aux cascades divines
De cette belle oasis où survivent des prés,
Sur les sables brûlants qui se montent en collines.
Ma soif étanchée je bénis en un souffle
La suif épanchée par ce bain apaisant,
Qui nettoie mon enveloppe et supprime le soufre
Que ma quête sous les dunes déposa sur mes flancs.
Mais je vois arrivant dans un flot de gaieté
Une belle naïade aux tissus tout gonflés
Par le vent calciné balayant le désert
Et les feuilles asséchées qui doucement se laissent faire.
Amusé je me lance dans une joute lyrique
Inutile et grossière, à laquelle tu réponds,
Par une des douces merveilles hantant la musique
De ton âme épurée éclairant Méridion.
Tu chantais pour ces rêves nébuleux, ces chimères,
Ces pensées, ces lumières, qui naissaient en mon cœur.
Ces bosquets enivrants étouffés par ces hêtres
Qui contemplent mon être et m’inspirent leur douleur.
Dans mes fuites oniriques, douceurs fantasmatiques,
Je quitte ces contrées en chantant aux séants :
« Venez donc voir ces mondes si fantasmagoriques,
Ces puissants vents salés enchantant Océan ! »
Mais ils ne me voient guère, si soucieux de savoir
Qui gagnera leur guerre, qui arrachera l’ivoire
De son malheureux frère, et aura la victoire,
Pour y lever son verre, et en un trait y boire,
Ces fraternelles saignées, qui enivrent le soir,
Où leurs filles doivent saigner en perdant tout espoir.
Volupté de mes sens, ne sens-tu pas le poids
Que t’infligent en silence, tous ces funestes choix ?
Ces vertus, ces désirs, ce que le temps rend pire
Que les douces saisons accordées aux empires.
Mais épris je déchire le dôme d’atmosphère
Où s’achèvent brisés les relents d’air marin.
Par cette faille discrète je regarde les sphères
Où tu erres sur l’Ether qui heureux te laisse faire.
Suspendu à la voûte du monde, les pieds dans les nuages, je pleure, voulant te regarder danser, le corps embrasé, l’esprit radieux jusqu’aux confins des Temps.
Et si tu te demandes quelle est cette belle étoile
Qui brille sur ce doux toit, je te le dis, c’est toi.
Et même si la Lune nous mène là-haut,
Elen sîla lùmenn’ omentielvo.
Aearonêl, pour Asthêl, Novembre 2007
[center]
Une Succube[/center]
En chantant sous le ciel, enchantant les rivages, il se plût à aimer l'océan davantage. Son cœur, son âme et ses friands morceaux embrassaient l'horizon pour considérer, avec le plus humble respect, l'immensité de ce pré larmoyant, où les vagues s'acharnaient, tumultueuses offensives, à corrompre les sables et les plages endormies.
Alors, sous le crépuscule radieux, où les lanières embrasées des fouets enflammés des démons flamboyants chassaient les nuages en une vaste bataille, il entonna, une mélopée fantasmatique à la gloire nocturne. Ses ondes guérirent les nuages suivis pour qu'ils puissent, dans la nuit dominante, s'échapper furtivement au-delà des saisons.
Il avait défié ceux qui, plus haut, mais pas encore assez, torturaient les âmes libres sous le ciel punitif pour tenter, d'une nouvelle puissance, d'effacer dans leurs cœurs le souvenir de ceux qui, plus haut, et assez cette fois, bénissaient la terre pour la rendre accueillante.
Et on l'appela, d'une voix qui frappa ses mœurs violemment, plus belle, plus douce et plus mielleuse encore que ses chants les plus beaux. Et il lutta, sur le sable estompé par les flammes crépusculaires, pour résister à ces rets féminins, qu'il savait d'une origine plus néfaste encore que son peuple lui-même.
Et elle apparut à ses yeux, brûlante d'un feu qui ne la consumait pas, plus belle encore que les riches parures que s'offrent parfois les princes imprudents. Ses yeux s'enflammèrent d'un désir pervers, mais son âme aiguë, ancrée dans le sol par ses pieds dénudés, résistait à l'assaut, comme une masse informelle que l'on lâche à la force en la soutenant tout de même, pour la paix et le ciel.
Ses courbes mortelles attisaient son regard et il du bientôt, malgré sa nature profonde, lâcher prise et entendre cette gorge qu'il voyait, et ces lèvres vermeilles, merveilles des vices, qui lui chantaient, en syntaxes furieuses, les bienfaits de son corps sur le corps et l'esprit.
"Espère-tu donc, Ménestrel impuissant contourner tes désirs et mes formes attirantes ?"
Il lui répondit, effrontément, dans ce doux sommeil à moitié éveillé qu'il pourrait, de ses rets harmonieux, chanter les plaisirs de ce corps apparu sans y laisser ou son âme ou son cœur. A genoux devant elle.
Mais comme tous ceux de son rang démoniaque, elle avait conservé cet aspect implacable encore des esprits angéliques, et continua, fixement, à exhiber à ce Barde impudent ses enveloppes impudiques. Mais il se tint droit tandis que l’appel des chairs caressait son échine en un orage sans visage, tandis que ses membres dressaient également sous l’effet du désir.
- Ne résiste pas, dit-elle. Tu n’es pas assez fort, et encore jeune alors, ton corps est vigueur et ton âme est fragile, viens à moi et, ensemble, défions les regards voyeurs qui se jouent en ton nom de ce triste spectacle, celui de tes yeux éperdus sur mon corps flambeur.
- Et je pourrai, de ces voyeurs, les faire bander et chanter leurs arcs enjoués et les flèches acérées lorsque le cerf à faim ; alors je mangerai au plaisir de nos cœurs, sous les regards bienveillants de ceux qui nous contemplent, au nom de tous les principes ôtés, les vertus, dominants sur leurs trônes et chères à vos yeux, déchus et tombés au-dessus de nos cimes.
Elle s’arrêta. Tinumiriel sourit doucement, satisfait de ce doute encore nouveau.
Elle lui répondit :
- Tu parles de ceux qui chantent le destin en messes, condamnent vos jardins, vos voluptés, et vos tristes pensées indicibles encore. Et ceux des vôtres qui, sans ciels et sans dons, s’estiment capables de rire de nous. Cet homme-là qui, d’orgueil opulent, se croit tout puissant pour les feux et les ombres.
- Mais Glawol n’est-il pas plus grand pourtant que tous ces beaux-parleurs qui corrompent mon âme et nourrissent mes peurs ? Ces clercs obscurs qui épanchent leur immonde austérité sur nos rets prisonniers ?
- Alors, viens avec moi, et goûtons aux plaisirs du ciel et de la terre sans regret, car je sens tout comme toi cette verge impatiente.
- Et damner en année, les vergers de la Terre ? Jamais je ne pourrai, sur cette berge sablée, condamner et mon âme et la tienne sous le ciel éthéré.
- Tu parles d’âmes, mais je suis d’esprit et de corps, de chairs voluptueuses et d’irrésistibles courbes.
- Alors pourquoi ne suis-je pas, déjà, tout brûlant de plaisir, caressant ces collines et des douces cascades, au-devant de la Mer exaltée, battant nos chairs unies de ses vagues jalouses ? Oh démon, démon de mon cœur, sens-tu le battement régulier de mes mots sur mes tendres viscères ?
Et elle ne su, pour la première fois de son existence de Succube implacable, répondre à de tels outrages. Alors son aura infernale s’estompa doucement, et lui souffrait, infirme, torturé par l’envie et le vice, à distance infime entre lui et ces fruits défendus, tant qu’il était capable, tout homme qu’il était, de rêver à ces bruits susurrés tendrement à l’oreille curieuse, à la voir jouer, jouissante, de cet orgue orgasmique.
Il tomba, sur la plage, et elle s’embrasa de nouveau pour embrasser ses mœurs et jouir, avec charmes et caresses ardentes, de son corps mortel et son âme inexpugnable, qu’elle épargnerait alors, sans tribut ni contrat, car elle se prit à aimer une voix étrangère.
« Et lorsque le glas sonnera en belles cloches puissantes, je serai loin, et mes formes immortelles périront pour devenir, pour ses rets et serrer cet éphèbe radieux, une femme sensible attirante à ses yeux ! Il n’est pas mort, ce satire, Pan, dort ! »
Aearonêl, pour Pand0re, Janvier 2008

